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Mon couplet sur la musique
Autrefois – je parle naturellement d'il y a 5 ans et non 5 millénaires – on pouvait acheter de la musique: on pouvait dès lors l'écouter à sa guise, la transférer sur un autre support, la prêter, la donner ou même la revendre.
Aujourd'hui, on achète des fichiers informatiques qui, au moyen du coûteux dispositif adéquat et dans le respect de la législation en vigueur, se transforment en musique, mais uniquement pour leur heureux propriétaire. Le seul rôle qu'il reste à ce dernier est de bourse délier: pas question de transférer (possible techniquement mais interdit), prêter (n'y pensez pas), donner (ce mot a disparu du dictionnaire) et encore moins revendre (n'aggravez pas votre cas en voulant tirer un profit des artistes vivant sous les ponts). On se charge même pour lui de compter le nombre de fois qu'il a utilisé un fichier. La gestion numérique des droits (digital rights management ou DRM) a un goût de gestion numérique du consommateur. Enfin, la question de la succession mériterait d'être examinée car je voudrais léguer tous mes fichiers Dylan à mon frère et tous mes fichiers a-Ha à une oeuvre caritative.
En fond musical: album "Human after all" de Daft Punk, acheté sur iTunes.
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